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Date de création : 07.12.2010
Dernière mise à jour : 18.11.2011
23 articles


OBSERVER L'ALLIANCE ET ETRE LE PROPRE DE DIEU

Publié le 19/02/2011 à 18:57 par maniebedepascal Tags : image chez amour belle roman création homme mort femme histoire animaux soi enfant mer texte dieu afrique gratuit lecture méditation

Introduction

I.      La découverte de l’Alliance à travers la révélation vétérotestamentaire

1.1.                      Abraham

1.2.                      Moïse

1.3.                      David

II.    Le Christ plénitude de l’Alliance

2.1.                      Le Christ comme aboutissement de l’alliance vétérotestamentaire

2.2.                      Le don de soi comme signe d’alliance

III. Observer l’alliance : signe de consécration à Dieu

3.1.                      La loi d’amour

3.2.                      Une vie consacrée à Dieu, une vie consacrée aux hommes

Conclusion


INTRODUCTION

           Lorsque nous professons de foi, nous commençons par dire : « Je crois ». C’est là une adhésion à la révélation que Dieu a voulue bien faire de lui-même. Il a voulu se faire connaitre de nous afin que nous puissions vivre dans l’amour qu’il partage avec nous. C’est ainsi qu’il a mis en l’homme « le désir de Dieu », c’est ce qui nous donne le goût de toujours aller à sa recherche. Le catéchisme de l’Eglise catholique dans sa première section, nous dit à cet effet que « l’homme est capable de Dieu », c’est-à-dire que Dieu a mis en l’homme la possibilité de le connaitre.

           Dès la création de l’homme, Dieu tisse des relations avec ce dernier du seul fait qu’il le crée à son image, ensuite il met en lui une attraction, une volonté de le chercher. L’homme sera dès lors en relation avec Dieu. C’est cette alliance qui va meubler les relations entre Dieu et l’homme. Dieu est venu à la rencontre de l’homme de deux manières principales : la révélation vétérotestamentaire et la révélation néotestamentaire. Ces deux démarches divines nous font découvrir l’expression de l’alliance entre Dieu et les hommes. De part et d’autre, c’est Dieu qui prend l’initiative de la rencontre. Pour parler à son peuple, Dieu se sert toujours d’un intermédiaire, l’alliance est alors scellée à la manière d’un contrat où les parties doivent remplir les termes du contrat. Mais à la différence d’un contrat ordinaire où les différentes parties ont des intérêts, dans les cas de l’alliance avec Dieu, c’est l’homme qui est le bénéficiaire. Chaque alliance est aussi matérialisée, (signatures…) par des symboles et aussi par des règles à suivre. En nous donnant l’obligation de présenter la place de l’observation de l’alliance dans notre vie avec Dieu, nous allons tout d’abord présenter les caractéristiques de l’alliance dans l’Ancien Testament, par la suite nous toucherons l’alliance par excellence : celle du Nouveau Testament. Et enfin nous explorerons les implications de notre alliance avec Dieu, celle scellée avec notre consécration religieuse et qui doit se vivre par notre engagement à respecter les clauses de notre propre alliance avec Dieu.


I.                  LA DECOUVERTE DEL’ALLIANCE A TRAVERS LA REVELATION VETEROTESTAMENTAIRE

1.1.   ABRAHAM : la personne d’Abraham est centrale dans la découverte de l’alliance de l’Ancien Testament, il est l’homme de la foi. C’est lui qui le premier a servit d’intermédiaire entre Dieu et le peuple d’Israël pour l’alliance. Pour bien comprendre l’alliance que Dieu a conclue à travers lui, nous allons procéder comme suit : présentation de sa vocation d’Abraham, du contexte de l’alliance, son contenu et aussi les différents symboles de cette alliance.

·                   La vocation d’Abraham : le récit de la vocation d’Abraham est contenu dans Gn 12. Dieu s’adresse à lui en ces termes : « Quitte ton pays, ta parenté, pour le pays que je t’indiquerai. Je ferai de toi un grand peuple, je te bénirai, je magnifierai ton nom ; son une bénédiction ! » Gn 12, 1-2. Le choix porté sur lui n’est tributaire ni à sa personne ni à ses mérites encore moins à son appartenance clanique. C’est plus l’obéissance de ce patriarche qui est mis en exergue ici. Il est un homme de foi. C’est au nom de sa foi que le Seigneur va lui promettre une descendance nombreuse et une terre.  

·                   Le contexte de l’alliance abrahamique : Dans la plupart des cultures orientales, Moyen-Orient et Afrique du nord, il y’a deux choses qui ont une importance particulière dans la vie d’un homme : la descendance et la terre. La descendance lui permet de perpétuer son identité sur la terre et de ne point faire disparaitre la lignée qu’il détient de ses ancêtres. La terre aussi à tout un lien fort avec la lignée. En effet, la terre est l’endroit dans lequel les parents ont été ensevelis. Celui qui est sur la « terre de ses ancêtres », est lié à ces derniers comme à un cordon ombilical. Mais ces deux considérations sont influencées par la tradition nomadique du peuple. Il s’agit là d’un peuple de pasteurs. Il se déplace alors à la recherche des nouvelles terres. Lorsqu’ Abraham est visité par Dieu, il manque de ces deux atouts : pas de terre et pas de descendance.

·                   Le contenu de l’alliance : « Lève les yeux au ciel et dénombre les étoiles si tu peux les dénombrer […] telle sera ta prospérité. Abraham crut en Yahvé, qui le lui compta pour justice » Gn 15, 5b. L’alliance que le Seigneur établit avec Abraham lui donne de s’offrir tout un peuple. Ce peuple est bel et bien le peuple d’Israël. Dieu promet une descendance nombreuse à Abraham mais ce dernier est sceptique et le Seigneur consolide sa foi en lui donnant la preuve de la réalisation de ses promesses : « Va me chercher une génisse de trois ans, une chèvre de trois ans, un bélier de trois ans, une tourterelle et un pigeonneau… » Gn 15, 9. Il s’agit là du sacrifice qui ouvre l’alliance. Le contenu de cette alliance est aussi le don de la terre : « A ta postérité je donne ce pays, du Fleuve d’Euphrate, les Qénites, les Qenizzites, les Qadmonites, les Hittites, les Perissites, les Rephraïm, les Amorites, les Cananéens, les Girgashites et les Jébusiens » Gn 15, 19-21. C’est là la contribution du Seigneur. En dehors de ce don de terre, que demande le Seigneur de façon claire lors de l’établissement de l’alliance. Le Seigneur demande amour et fidélité à la loi qu’il donne comme symbole de l’alliance.

La loi que le Seigneur donne comme symbole de son alliance est la même depuis Abraham jusqu’à la nouvelle Alliance formulée avec le Sang de son Fils sur la croix. Et lorsque le Seigneur promet une prospérité à Abraham, il attend de ce dernier la foi incontestable à la réalisation de cette dernière. Mais Abraham marque dès le premier pas une inconstance notoire à la promesse qui vient de lui être faite. Il va se mettre avec Agar sa servante dans le but d’avoir un enfant. Le Seigneur fait tôt de le remettre à lui en lui rappelant que la promesse qu’il lui a faite tient toujours et qu’il lui donnera une descendance avec sa femme (Gn 16-17). L’alliance avec Yahvé ne consiste en rien d’autre que : « …garder les voies de Yahvé en accomplissant la justice et le droit… » (Gn 18, 19)

·                   Symboles de l’alliance : l’adhésion à l’alliance de Yahvé est marquée par deux gestes concrets qui engagent l’individu dans ce qu’il a de plus personnel : son corps et son nom. C’est la pratique de la circoncision et le changement de nom que le Seigneur opère en Abram et aussi sur le peuple d’Israël tout entier.

·       Circoncision : c’est la marque dans la chair de l’appartenance à Dieu. Il s’agit de faire adhérer son corps à la décision que nous avons prise d’appartenir à Dieu. « Que tous vos mâles soient circoncis… » (Gn 17, 11…). C’est là une marque qui passe par la chair et qui ne peut être effacée. La lecture contemporaine que nous pouvons faire de la circoncision est l’adhésion du corps au service de Dieu. L’on ne peut uniquement faire du service de Dieu une affaire de l’esprit. Il s’agit aussi pour notre corps de participer à notre adhésion de foi.

·       Changement de nom : la pratique du changement de nom est une marque réelle de nouvelle vie. C’est ainsi depuis Abraham jusqu’à Saul dans le Nouveau Testament, le Seigneur marque son nouvel engagement avec le changement de nom de la personne : « L’on ne t’appellera plus Abram, mais ton nom sera Abraham » (Gn 17, 4-5).

·                   Echec de l’alliance ? : Peut-on véritablement parler d’échec de l’alliance que Dieu a conclue avec Abraham. Que non ! Il serait préférable de parler de l’infidélité. Le Seigneur n’a conclue qu’une seule alliance avec son peuple. Mais lorsqu’elle est violée, l’on ne peut la recommencer comme si il elle n’avait jamais eu lieu. Il s’agit de faire une « aggiornamento », mise à jour. Dans le cas d’Abraham, c’est le cas de Sodome et Gomorrhe qui va mettre à jour l’inconstance du peuple vis-à-vis de Dieu. Le péché de Sodome et Gomorrhe est bien évidement l’infidélité à Dieu. En effet, lorsque Dieu recommande à son peuple de ne pas se mettre avec les autres peuples à travers les unions de mariage, ce n’est point dans des visées xénophobes encore moins de privilège d’Israël. Il s’agit de mettre Israël en garde contre les adorations des divinités dont il pourrait être exposé en contractant des mariages avec les peuples alentours qui adorent d’autres dieux. L’épisode de Sodome et Gomorrhe met à nu la manière avec laquelle l’alliance conclue avec le peuple d’Israël présente des fissures. Malgré l’intercession d’Abraham au sujet de la destruction de ces deux villes, le Seigneur n’y renoncera pas à cause du comportement assez scandaleux du peuple de Sodome et de Gomorrhe (Gn 19). Toutefois, nous gardons de l’alliance conclue avec Abraham que c’est avec elle que nous avons reçu la promesse de la terre promise et l’élection du peuple choisi.

1.2. MOÏSE : De l’alliance abrahamique à celle de Moïse, le temps s’est bien écoulé. Il faut à ce sujet noter certains évènements qui nous permettront de bien comprendre l’alliance que Dieu va renouveler avec Moïse. Le contexte ici s’apparente aussi à celui de l’alliance abrahamique. La question de la terre revient, à elle s’ajoute celle de la liberté. Le saut d’Abraham est assez haut qu’il faut l’expliquer. Entre ces deux intermédiaires de la grâce de Dieu, il y’a la personne pas assez influente de Jacob. On peut le désigner comme l’homme de la ruse. Il va supplanter son frère Esaü et recevoir la bénédiction qui lui était destinée. Toutefois, Dieu a renouvelé en lui les promesses concédées à Abraham (Gn 25, 19).  L’histoire de Moïse dans la Bible apparait comme un bloc tout à part non seulement avec sa longueur mais aussi avec le contenu de l’alliance que le Seigneur a formulée. Cette alliance s’étend sur trois livres : Genèse, Exode et Lévitique.

· La vocation de Moïse : Dès la naissance de Moïse, apparait déjà les signes de la consécration à Dieu. Le Seigneur le fait déjà entrer en contact avec les deux cultures auxquelles il sera attaché toute sa vie. Il est hébreu de part sa naissance et égyptien de part la formation qu’il va recevoir. C’est un atout qu’il va beaucoup exploiter dans la mission que le Seigneur va lui confier (Ex 2, 1-10). C’est une histoire que nous n’avons pas besoin de rappeler. On y trouve mêlées à la fois ruses, compassions et astuces. Le véritable déclic c’est l’épisode du buisson ardent (Ex 3, 1-6). Cette épisode fait partie de ce que l’on désigne par théophanie, c'est-à-dire manifestation de Dieu. Chaque fois que Dieu se manifeste aux hommes d’une manière à se faire voir sous une forme presque palpable, on parle alors de théophanie. Les principales théophanies dans la Bible sont : la théophanie de Mambré avec Abraham (Gn 18, 1…), celle du Buisson ardent (Ex 3, 1…), l’Incarnation de Jésus qui est la manifestation par excellence… Alors Dieu vient à la rencontre de Moïse et lui confie la mission de la libération de son peuple à travers ces termes : « J’ai vu la misère de mon peuple qui est en Egypte. J’ai entendu son cri devant ses oppresseurs ; oui, je connais ses angoisses… » (Gn 3, 7-10). Il faut noter ici que Dieu ne fait pas une nouvelle alliance il perpétue plutôt l’ancienne qu’il a conclu avec Abraham, et c’est au nom de cette alliance qu’il vient sauver son peuple.

· Symboles de l’alliance : l’alliance conclue avec Moïse apparait comme la plus importante de l’Ancien Testament surtout grâce aux symboles qui l’entourent : la révélation du nom de Dieu, la symbolique de la Pâques, l’expérience du Sinaï.

· La révélation du nom de Dieu : en évoquant l’alliance avec Abraham, nous avons souligné l’importance du nom dans l’alliance. Ici Dieu se fait connaitre véritable en donnant son nom à Moïse. A la demande de Moïse : « Mais s’ils me disent : ‘‘Quel est son nom ?’’, que leur dirai-je’’ […] je suis celui qui est » (Gn 3, 13-15). C’est aussi le nom qui est contenu dans ce tétragramme : YHWH. C’est un mot imprononçable. Il signifie « je suis celui qui suis ». En révélant son nom comme il ne l’a jamais fait, Dieu veut montrer une fois de plus sa fidélité qui se dit dans ce nom. Ce nom manifeste aussi la continuité de l’amour déjà manifesté chez nos pères, c’est le même Dieu depuis Abraham : « je suis le Dieu de pères… » Ex 3, 6. Ces noms révèlent alors la grandeur de Dieu et surtout la petitesse de l’homme qui doit retirer ses sandales devant son créateur et son sauveur, qui doit se voiler le visage devant la face de son Dieu. Le nom de Dieu ainsi donné montre de plus en plus la proximité de ce dernier avec son peuple. C’est l’inauguration du règne de l’intimité entre Israël et Dieu. Désormais leurs rencontres seront de plus en plus fréquentes et surtout qu’il vient lui-même se faire connaitre de son peuple.  

· La symbolique de Pâques : l’un des symboles les plus forts de l’alliance mosaïque est la symbolique de la Pâques. En effet, Dieu va libérer son peuple de l’esclavage en Egypte pour le conduire à la terre promise. Se servant de Moïse comme intermédiaire, il va les porter comme sur le dos d’un aigle pour qu’ils viennent jusqu’à lui : « Vous avez vu vous-mêmes ce que j’ai fait aux Egyptiens, et comment je vous ai emportés sur des ailes d’aigles et amenés vers moi » Ex 19, 4. C’est cette libération ponctuée de manifestations extraordinaires que le peuple d’Israël se fera l’obligation de mémoire toute au long sa vie. En dehors des plaies de l’Egypte qui donne une coloration négative à cette délivrance, il faut voir comment Dieu a, à travers des prodiges, fait passer son peuple de l’esclavage à la liberté.  Le mot Pâques en lui-même signifie passage. Lorsque nous parlons de la Pâques dans l’Ancien Testament, on fait justement référence à ce passage de la mer rouge à pied sec. Il faut par là lire le fait que le Seigneur puisse nous donner de traverser des situations très difficiles pour atteindre sa maison. C’est aussi l’histoire de tout un chacun avec Dieu.

· L’expérience du Sinaï : l’alliance au Sinaï est introduite d’une promesse : « Maintenant si vous écoutez ma voix et gardez mon alliance, je vous tiendrai pour mon bien propre parmi tous les peuples, car toute la terre est à moi. Je vous tiendrai pour un royaume de prêtres, un nation sainte » Ex 19, 5-6. Cette alliance est consolidée par une théophanie. Ici Dieu se manifeste non pas seulement à une personne mais à tout le peuple : « Il y eut des coups de tonnerres, des éclairs et un épaisse nuée sur la montagne, ainsi qu’un très puissant son de trompe et, dans le camp tout le peuple trembla… » Ex 19, 16. Ces signes peuvent être lus en comparaison avec ceux de la pentecôte dans le récit de saint Luc (Ac 2, 1-13). L’alliance du Sinaï trouve toute sa définition dans les commandements qui ont été donnés à Moïse (Ex 20, 1-20). Il s’agit tout d’abord des règles de conduites, mais aussi des règles liturgiques. Pour ce qui est la conduite, elle est contenue dans les dix commandements. La liturgie quant à elle est plus complexe avec des règles de pureté régissant les questions sacrificielles. Mais de façon claire, nous voyons que celui qui observe les règles de l’alliance devient effectivement le bien de Dieu : « Maintenant, si vous écoutez ma voix et gardez mon alliance, je vous tiendrai pour mon bien propre parmi tous les peuples, car toute la terre est à moi » (Ex 19, 5-6). Ce qui a donné le thème de notre rencontre. Chaque fois que le besoin se fera sentir, le Seigneur ne manquera pas de rappeler Israël à la fidélité à l’alliance qu’ils ont eu à conclure ensemble. Par notre baptême, nous avons adhéré à cette alliance et nous devons nous en tenir aux commandements de Dieu. La fidélité aux commandements est loin d’exprimer l’exigence de Dieu, c’est surtout notre engagement à montrer notre amour envers lui. C’est après le don des lois au Sinaï que Dieu va réellement nouer son alliance avec le peuple d’Israël. Il s’agit ici encore d’un renouvellement de l’alliance qui est chaque fois piétinée par Israël. Et le peuple prend encore une fois de plus la résolution en ces termes : « Toutes les paroles que Yahvé a prononcées, nous les mettrons en pratique » Ex 24, 3-4. Mais cet engagement ne va pas encore tarder de prendre un coup puisque cette alliance sera encore renouvelée avec la personne de David.

 

1.3.   DAVID : Pour comprendre l’alliance que le Seigneur renouvelle avec la personne de David, nous allons tout d’abord exposer le contexte social, politique et religieux qui a vu son sacre comme roi et surtout son choix comme médiateur entre Dieu et le peuple d’Israël. Ensuite, nous exposerons les termes du renouvellement de l’alliance que le Seigneur a eu à opérer avec lui, et enfin nous verrons comment cette alliance s’est perpétuée.

· Le contexte de l’alliance davidique : Pour comprendre le contexte de l’alliance davidique, il faut présenter le concept de la royauté dans le peuple juif. Comme dans la plupart des peuples de l’antiquité, les pouvoirs politiques et religieux étaient mis ensemble si bien que la même personne les exerçait. Le roi est connu comme choisi de Dieu et il reçoit l’onction du prêtre au temple. Cela renforce son autorité et il ne souffre pas de contestation à moins de vouloir s’attaquer à celui de qui il détient le pouvoir : Dieu. Dans le cas particulier de David, Israël vient d’essuyer une défaite contre les philistins qui se sont emparés de l’arche de l’alliance (1 Sam 5, 1...). Dieu envoie alors Samuel pour réparer cette situation alors que Saül est roi sur Israël.  Saül est proclamé roi conformément à la volonté du Seigneur. C’est alors que Samuel est prophète du Seigneur et c’est lui qui présidé à la cérémonie conformément à la règle d’Israël. Saül prend alors les reines du pouvoir en Israël, mais il va faire face au soulèvement des philistins contre son peuple. ces derniers vont avoir le dessus plusieurs fois sur le peuple à travers les combats qu’ils vont remporter. Ces différentes victoires vont donner de l’orgueil à Saül si bien qu’il va croire qu’il est lui-même l’auteur des victoires que le Seigneur faire remporter à son peuple. Entre autre Saül va prendre des décisions assez rudes pour son peuple. c’est l’orgueil qui fait en sorte que ce dernier se détourne de la face de Dieu. (cas de Jonathan qui va braver une interdiction et reconnu coupable), aussi Saül va faire recours à la divination pour savoir s’il remporterait la guerre. Ce sont toutes ces situations qui vont faire en sorte que Dieu enlève son crédit à Saül pour le mettre désormais sur David.

· Le choix de David : c’est au prophète Samuel que Dieu donne le soin de choisir David comme roi. Le choix est fait dans la pure tradition judaïque avec la cérémonie de l’onction. Dans ce choix divin se révèlent à la fois les caractéristiques des personnes que sur lesquelles Dieu pose son dévolu (1 S 16, 1-13). Jessé fera passer ses fils tour à tour devant l’envoyé de Dieu (Samuel) afin qu’il désigne celui qui a été choisi par Dieu. Ce texte nous donne la belle phrase suivante : « Les vues de Dieu ne sont pas comme les vues de l’homme, car l’homme regarde l’apparence, mais Yahvé regarde au cœur » (1 S 16, 7). Après cette consécration, David va encore se distinguer par deux actes qui vont montrer véritablement qu’il est l’envoyé de Dieu. Tout d’abord sa victoire sur Goliath qui préfigure la victoire d’Israël sur les philistins et aussi sa relation avec Jonathan qui va permettre à ce dernier de sauver la vie de David qui était en péril puisque menacé de mort par Saül (1 S 20, 1-21).  Pendant que Saül veut tuer David, Dieu met plutôt la vie de Saül entre les mains de David qui refuse de le tuer parce qu’il le considère toujours comme oint de Dieu. La consécration de David va effectivement prendre corps avec le décès de Saül (2 S 1, 1-15).

· L’alliance avec David : le renouvellement de l’alliance avec David est d’une importance capitale. Si aujourd’hui Jésus Christ est désigné comme fils de David, c’est sûrement dû à l’important rôle que ce dernier a joué dans le déroulement de l’alliance. David est tout d’abord le roi qui a fait revenir l’arche de l’alliance à Jérusalem, en plus de cela, il est considéré comme le chantre par excellence de la louange de Dieu avec les psaumes qu’il a chantés et surtout priés. David apparait aussi comme un homme de bien. C’est autant de qualités qui ont désormais fait en sorte que la généalogie du Christ prenne le nom de David. Avec lui l’alliance prend un tournant plus avancé avec la reformulation de la louange divine.

· Le retour de l’Arche : Pendant la guerre qu’il y’a eu entre le peuple d’Israël et les philistins, les philistins étant dans un premier temps vainqueurs, ils vont s’emparer de ce qui faisait la gloire du peuple et surtout sa relation avec Dieu, c’est l’arche de l’alliance. Cette dernière contenait les lois que le Seigneur avait données à Moïse (Décalogue), c’est le signe par excellence de l’alliance conclue avec son peuple. Lorsque les philistins d’emparent de l’Arche, nous comprenons que c’est la véritable désolation au sein du peuple. C’est David qui va prendre l’initiative de ramener l’arche au sein du peuple d’Israël au moyen de la force. Ce retour consacre un regain de louange envers Dieu au sein du peuple.

· La reformulation de la louange : Avec David la prière va prendre un nouveau sens. Non seulement, il va reconstruire le temple et mettre sur pied une liturgie à dessein. En plus de cela, il va s’adonner à la rédaction et à la prière des psaumes qui vont désormais mettre sur pied une liturgie qui aujourd’hui se perpétue à travers les générations.

La question du Temple est capitale dans la tradition juive, et lorsqu’on parle de Temple on voit tout d’abord celui de Jérusalem. C’est la raison pour laquelle sa construction n’est pas seulement un acte esthétique mais surtout un acte liturgique. David a alors l’idée de mettre sur pied un temple pour le Seigneur. Mais ce sont les combats qui vont lui empêcher cela. Salamon le dira quelques années après quand il prendra la résolution de construire le Temple : « Tu sais bien que mon père David n’a pu construire un temple pour le nom de Yahvé, son Dieu, à cause de la guerre que ses ennemis lui ont faite de tous les côtés… » (2 R 5, 17-18). La louange a toute sa signification dans les psaumes que David a composés à cet effet. Ils sont en effet la prière du peuple d’Israël. Adaptés à toutes les circonstances de la vie, les psaumes sont avec le temple, le véritable signe de l’alliance que Dieu a conclue avec son peuple.

· Les psaumes ou la LOI : peut-on vraiment opposer les psaumes à la loi, ou les considérer comme les textes fondateurs de l’alliance davidique ? Pas vraiment, en effet nous ne cesserons de dire que dès l’alliance conclue avec Abraham, il y’a une perpétuelle mise à jour surtout lorsque l’alliance a eu à subir des petites défaillances. Dans le cas des psaumes de David on y trouve vraiment la volonté d’être en contact avec Dieu tous les moments de sa vie. Ces psaumes sont effectivement liés à tous les évènements que nous pouvons rencontrer dans notre vie. C’est la raison pour laquelle, on peut les distinguer comme suit : les hymnes (8, 19, 29, 33…) qui magnifient la grandeur de Dieu et chantent sa gloire, les supplications (12, 44, 60), les actions de grâce (18, 21, 30, 33…). Ces psaumes réveillent entre autre le gout de revenir à Dieu, c’est aussi le véritable moment de la mise en place de l’alliance davidique. La prière ici est le moyen le plus en vue qui a fait bâtir l’alliance.

· Le salut à venir : C’est avec la personne de David que la question du salut à venir commence vraiment à se dessiner. Le Seigneur lui renouvelle son alliance à travers lui tout le peuple d’Israël par la bouche du prophète Nathan en ces termes :

« Ainsi parle Yahvé Sabaot. C’est moi qui t’ai pris au pâturage, derrière les brebis, pour être chef de mon peuple Israël. J’ai été avec toi partout où j’allais ; j’ai supprimé devant toit tous tes ennemis. Je te donnerai un grand nom comme le nom des plus grands de la terre. Je fixerai un lieu à mon peuple Israël, je l’y planterai… » (2 S 7, 5-16).

 

C’est là le texte par excellence du renouvellement de l’alliance de Dieu avec le peuple d’Israël par le biais de la personne de David.  C’est donc cette promesse qui trouve toute sa plénitude dans la personne de Jésus Christ.

 

II.     LE CHRIST COMME PLEINITUDE DE L’ALLIANCE

L’alliance que le Seigneur a formulée avec son peuple à travers les personnes de l’Ancien Testament que nous venons de présenter à savoir Abraham, Moïse et David, trouve toute sa signification dans la personne de Jésus Christ. Celui que Mathieu dans sa généalogie appelle « Fils de David » l’est effectivement parce qu’il assume le salut et surtout la promesse faite à David (Mt 1, 1). Parmi les évangélistes, nous voyons de près que le souci de Mathieu réside dans le désir de vouloir présenter Jésus comme le sauveur dont il est question dans l’Ancien Testament. C’est pourquoi il aura toujours ce souci là de le nommer comme fils de David.

2.1.   Le Christ comme aboutissement des alliances vétérotestamentaires : le Christ est l’aboutissement de l’alliance. L’une des manifestations de l’alliance est le fait que le Seigneur désormais nous parle et nous échangeons avec lui. Avec la venue du Christ, nous l’avons touché et nos yeux l’ont reconnu. L’introduction de l’Epitre aux Hébreux nous montre très bien le lien entre la révélation du Nouveau Testament et celle de l’Ancien Testament : « Après avoir, à maintes reprises et sous maintes formes, parlé jadis aux Pères par les prophètes, Dieu, en ces jours qui sont les derniers nous a parlé par son Fils… » Hb 1, 1-2. Et toute l’épitre aux Hébreux dégagera l’importance du Christ comme celui par lequel est passé l’alliance de façon suprême. Le Christ est effectivement la réponse de Dieu à l’alliance qu’il formule avec nous. L’alliance que Dieu conclut avec nous à travers le Christ est de loin supérieure à celle contractées avec les pères de l’Ancien Testament. Lorsque qu’en Luc 1, 54-55, Marie présente son fils Jésus comme le souvenir de l’alliance que le Seigneur a formulé avec son peuple (Gn 12, 3), c’est le Christ qui est en ce moment désigné comme l’aboutissement de toutes les alliances vétérotestamentaires. En plus du fait que sa naissance soit toute présentée dans l’Ancien testament dans son déroulement (naitre d’une vierge, voir Is 7, 14- Mt 1, 23) il y’a aussi les signes messianiques de descriptions du salut que l’on retrouve à la fois dans l’Ancien et le Nouveau Testament : guérir les malades, faire marcher les boiteux, faire voir les aveugles etc…Is 61, 1-2. L’alliance qui est alors contenue dans l’ancien testament sous les termes de loi : Le Christ l’actualise en lui donnant une autre vision, la loi de l’amour. Le Christ se présente à tous comme celui là qui vient accomplir la loi, qui vient accomplir l’alliance : (Mt 5, 17). Saint Paul le présente comme la fin de la loi : Rm 10, 4. Et c’est en se donnant qu’il devient le paradigme de l’alliance. 

2.2.  Le don de soi comme signe d’alliance : Dans la révélation vétérotestamentaire, nous avons vu à la fois la place du culte, celle du sacrifice et surtout celle de la loi dans l’alliance. Le Christ va réunir toutes ses réalités et consacrer par là une Alliance Nouvelle. Si beaucoup des textes du nouveau Testament désignent David comme celui avec lequel l’alliance a été conclue, c’est parce qu’avec lui, elle a atteint une dimension plus grand et surtout elle a une forme plus tendue vers la célébration. C’est aussi ce qui va faire désigner Jésus comme fils de David.

-         Le Christ comme Temple : la question du Christ comme Temple trouve une partie de sa signification dans la déclaration qu’il a faite selon laquelle, il serait capable de rebâtir le temple en trois en jours s’il serait détruit. C’est une lecture postpascale qui nous donne de voir qu’il s’agissait de son corps dont il parlait. Il faudrait aussi avoir à l’idée toute l’importance que le Temple avait dans le culte judaïque. Certainement en parlant de destruction du Temple, le Christ remet à l’esprit de ses ouailles les évènements de destruction qui ont été accomplis par Nabuchodonosor (2 Ch 36, 18-19). Le temple étant aussi un lieu d’adoration sinon le lieu par excellence, Jésus dira que nous n’aurons plus besoin d’aller au Temple matériel pour adorer Dieu : « les vrais adorateurs adoreront en esprit et en vérité » Jn 4, 23.

-         Le Christ comme Loi : La question de Jésus avec la loi est très vaste et requiert une étude et présentation approfondies. La loi et comme le Temple font parties des symboles du judaïsme. Ainsi celui qui respecte les lois est celui là qui vit bien son engagement religieux. Ce qui n’est pas très faux. Toutefois, il y’a une grand différence que Jésus va apporter sur la question. Nous allons voir

Commentaires (1)

Anonyme le 14/11/2018
Jaime


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